Mobilités | Grand Avignon
LEO à Avignon : le projet revient sur la table, mais sans calendrier arrêté
La Liaison Est-Ouest devait désengorger le sud d’Avignon et relier, à terme, Les Angles à la RN7. Seule une première tranche est en circulation depuis 2010. Après le retrait du projet du contrat État-Région fin 2025, élus et acteurs économiques tentent désormais de remettre la tranche 2 sur les rails.
Ce qu’il faut retenir
- La LEO est un contournement routier au sud d’Avignon, pensé sur environ 13 km et en trois tranches.
- La tranche 1, entre Courtine Nord et Rognonas, est en service depuis octobre 2010.
- La tranche 2 est aujourd’hui la priorité politique : elle doit relier Rognonas au secteur La Cristole–Amandier, sur la RN7.
- En juin 2026, aucun financement complet ni calendrier de chantier n’est officiellement arrêté.
Sur la rocade Charles-de-Gaulle, les ralentissements ne sont pas un souvenir de rentrée. Ils font partie du quotidien de milliers d’automobilistes, de livreurs et de salariés qui traversent l’agglomération. C’est dans ce décor que revient, une nouvelle fois, le dossier de la LEO, la Liaison Est-Ouest d’Avignon.
Le projet ne sort pourtant pas de terre : il existe déjà, mais par morceaux. Depuis 2010, la première tranche relie Courtine Nord à Rognonas. Pour le reste, le dossier a alterné études, acquisitions foncières, débats sur le tracé, hausse des coûts et incertitudes financières. Fin 2025, l’État n’a pas retenu la LEO dans le nouveau volet mobilité du Contrat de plan État-Région, faute de consensus local alors affiché sur la suite du projet. Au printemps 2026, un « pack territorial » réunissant collectivités et représentants économiques a relancé la demande autour de la tranche 2.
Un contournement, pas une autoroute A7–A9
La LEO est souvent présentée comme une future liaison entre les grands axes autoroutiers. La formule est raccourcie. Le projet de référence de l’État est un contournement au sud d’Avignon : il doit relier, à l’ouest, la RN100 au niveau des Angles et, à l’est, la RN7 au niveau de La Cristole et de l’Amandier. Il se raccorde ainsi au réseau existant, mais n’est pas une autoroute directe entre l’A7 et l’A9.
La DREAL PACA décrit un ensemble d’environ 13 kilomètres, avec deux franchissements de la Durance, un franchissement du Rhône et plusieurs points d’échanges. Le projet a été déclaré d’utilité publique en 2003, puis découpé en trois tranches fonctionnelles.
Trois tranches, une seule en circulation
Déjà en service
Entre Courtine Nord et Rognonas. Elle comprend 3,8 km à 2×2 voies, un viaduc de 740 m sur la Durance et la déviation de Rognonas. Mise en service en octobre 2010.
Le maillon attendu
Entre Rognonas et le secteur La Cristole–Amandier, sur la RN7. Le dossier technique de référence prévoit 5,8 km de voie nouvelle, un franchissement de la Durance et une liaison cyclable bidirectionnelle.
Le prolongement ouest
Entre Courtine Nord et les Angles, avec un nouveau franchissement du Rhône. Cette partie n’est pas engagée et ne dispose pas, à ce stade, d’un calendrier public de réalisation.
Sur le papier, l’ensemble doit permettre de redistribuer une partie des flux qui convergent aujourd’hui vers la rocade, les ponts et les accès à Avignon. Dans les faits, la tranche 1 fonctionne depuis seize ans sans que les deux autres morceaux ne l’aient rejointe. La tranche 2 est donc devenue le point de blocage — et le principal espoir — du dossier.
Les chiffres qui expliquent l’enjeu
Pourquoi la tranche 2 revient au centre du jeu
Le tracé de la tranche 2 touche un secteur où se superposent les flux vers Avignon, la RN7, Rognonas, Châteaurenard, le MIN et les zones d’activité. C’est aussi la partie qui doit assurer le raccordement manquant entre la section déjà ouverte et l’est de l’agglomération.
En novembre 2025, l’absence de la LEO dans le volet mobilité du Contrat de plan État-Région a été vécue comme un coup d’arrêt. L’annonce était alors justifiée par le manque d’accord local sur le tracé et la suite du projet. Depuis, les collectivités concernées ont affiché une position commune autour d’une version dite « LEO 2 » : un scénario présenté comme plus pragmatique et mieux intégré aux enjeux environnementaux et paysagers.
La feuille de route annoncée au printemps 2026 tient en quatre mots : un tracé, un pilote, un financement, un calendrier. Les partenaires demandent une tranche 2 menée dans sa globalité — et non par morceaux — ainsi que la désignation rapide d’un maître d’ouvrage capable d’en piloter la réalisation et le préfinancement. À ce jour, cette convergence politique ne vaut toutefois ni ordre de service, ni date de démarrage.
Le débat ne se limite pas à la circulation
Les promoteurs de la LEO mettent en avant la fluidité des déplacements, la desserte économique, la baisse espérée du trafic sur la rocade et la possibilité de transformer certains axes urbains. La fiche DREAL estime qu’une réalisation complète pourrait retirer jusqu’à 13 500 véhicules par jour de la rocade sud, soit une baisse annoncée de 40 % dans ses simulations à l’horizon 2035.
Mais le projet reste confronté à des contraintes importantes : franchissements de cours d’eau, emprises sur des espaces agricoles et naturels, mesures compensatoires, coûts réévalués et acceptabilité du tracé. Le dossier 2026 ne peut donc pas être réduit à un simple choix entre « pour » ou « contre » une route : sa faisabilité dépend autant de ses garanties environnementales et de son montage financier que de son utilité pour les déplacements.
Et maintenant ?
Le retour de la LEO dans le débat local change le climat politique, pas encore la réalité sur le terrain. La tranche 1 demeure la seule partie livrée. La tranche 2, elle, reste suspendue aux décisions de l’État, au choix du maître d’ouvrage, à la consolidation du scénario technique et à un plan de financement crédible. La tranche 3 paraît encore plus lointaine.
Pour les habitants et professionnels qui empruntent chaque jour la rocade, le pont de Rognonas ou les accès à Courtine, l’attente reste donc entière. La LEO est de nouveau un dossier vivant. Elle n’est pas, pour autant, redevenue un chantier.
Sources, mise à jour et droits d’utilisation
- DREAL PACA — Présentation de l’opération LEO : objet du projet, tracé de référence et description générale.
- DREAL PACA — Fiche opération LEO (édition 2024) : caractéristiques des tranches, trafic, prévisions et coût réévalué de la tranche 2.
- Grand Avignon — Pack territorial pour relancer la LEO, publié le 30 avril 2026.
- Le Dauphiné Libéré — Coup d’arrêt de l’État, 5 novembre 2025 : contexte du retrait du projet du CPER.
- Images : deux photographies Wikimedia Commons sous licence CC BY-SA 4.0. Les crédits, liens vers les fichiers sources et liens de licence sont intégrés dans chaque légende.
Dernière vérification éditoriale : 23 juin 2026. Le schéma du tracé est une infographie originale et non une carte de navigation. Pour les limites techniques et foncières, se référer à la documentation officielle de la DREAL.